Le réalisme

Publié le Publié dans Mouvements picturaux figuratifs

le réalismeINTRODUCTION

Si la Restauration, en France avait vu triompher le Romantisme, la Seconde République marqua un nouveau virage celui du Réalisme. Celui-ci eut lieu dans des conditions politiques et sociales particulières. Le terme réalisme s’emploie plus volontiers lorsque l’artiste, dans ses œœuvres ajoute au rendu fidèle des choses un désir d’ennoblissement du monde quotidien. Il en va ainsi des « peintres de la réalité » selon l’expression de Champfleury (promoteur du roman réaliste) qui évoquent avec une gravité subtile les scènes familières de la vie paysanne. Poussé à l’extrême, le concept aboutira au courant « naturalisme ».

Définition du « Réalisme » :

A partir de 1820, le terme réalisme recouvre toute peinture en réaction au néo-classicisme et au Romantisme et prône un retour à la nature et aux sujets du quotidien (« je ne peux pas peindre un ange, car ne n’en ai jamais vu » dira superbement Courbet pour synthétiser sa charte du réalisme). Ensuite, aux vues des réalités sociales de 1848, le mot évoquera davantage une réalité brute et contemporaine non édulcorée par les convention et les artifices. Proudhon (socialiste « démocrate ») publiera en 1865 « Du principe de l’Art et de sa destination sociale ». Ainsi l’amour de la vérité et du concret se substituera au carcan de la tradition académique et à la philosophie de « l’art pour l’art ». Baudelaire, favorable aux romantiques à cette époque, critiquera le mouvement réaliste en affirmant « Le danger du goût exclusif du vrai qui étouffe le goût du Beau » ! Il est vrai que le Réalisme deviendra aussi le fait acquis d’un ensemble de petits maîtres qui se complairont dans le misérabilisme conventionnel (Octave Tassaert, Alexandre Antigna, Pils…) et officieront dans une peinture anecdotique commanditée par l’État lui-même. D’autres comme Rosa Bonheur, à l’exemple de son « Labourage nivernais, 1849 » se cantonneront davantage « réalistiquement » dans le monde paysan et la peinture animalière. Ce mouvement pictural était mal perçu et peu apprécié, même par les écrivains du réalisme littéraire, d’où la mutation artistique dès 1880, en symbolisme.
Autre réflexion, peindre uniquement par « idéologie » des gens du peuple ou le quotidien de ceux-ci, n’offre que peu de débouché (hormis l’État), car ces gens n’ont pas d’argent pour s’offrir cet Art ! Les impressionnistes, eux, renoueront avec les sujets autour de la bourgeoisie et des classes moyennes, parce que ce sont surtout leurs clients…

Octave_Tassaert-la famile malheureuse _1852
« UNE FAMILLE MALHEUREUSE » Octave TASSAERT 1849

Prologue au catalogue de la grand exposition de Courbet en marge de l’exposition universelle de 1855

« Le titre de réaliste m’a été imposé, comme on a imposé au hommes de 1830 le titre de romantiques. Les titres en aucun temps n’ont donné une idée juste de choses : s’il en était autrement les œœuvres seraient superflues. Sans m’expliquer sur la justesse plus ou moins grande d’une qualification que nul, il faut l’espérer, n’est tenu de bien comprendre, je me bornerai à quelques mots de développement pour couper court aux malentendus. J’ai étudié, en dehors de tout esprit de système et sans parti pris, l’art des anciens et des modernes. Je n’ai pas plus voulu imiter les uns que copier les autres : ma pensée n’a pas été davantage d’arriver au but oiseux de « l’art pour l’art ». Non! J’ai voulu tout simplement puiser dans l’entière connaissance de la tradition le sentiment raisonné et indépendant de ma propre individualité. Savoir pour pouvoir, telle fut ma pensée. Être à même de traduire les mœoeurs, les idées, l’aspect de mon époque, selon mon appréciation, être non seulement un peintre, mais comme un homme, en un mot faire de l’art vivant, tel est mon but« .
Gustave COURBET.
Commentaire : Sans rejeter totalement le terme de réalisme, il nomme lui-même le bâtiment qu’il fait construire pour son exposition de 1855 « pavillon du réalisme ». Courbet tient à prendre ses distances avec cette mouvance « que nul, il faut l’espérer n’est tenu de bien comprendre ». Il est en effet possible de citer beaucoup d’autres peintres contemporains plus ou moins proches de la nébuleuse réaliste. Le réalisme apparaît dès lors comme un mouvement hétérogène et non structuré.

L’environnement culturel du réalisme

Un mot sur l’école de Barbizon qui s’intéresse plus spécifiquement aux paysages, mais qui reprend l’essentiel des directives du mouvement réaliste. A mon sens, cette école n’est pas plus initiatrice de l’impressionniste que le réalisme lui-même. Il faudra, d’ailleurs, attendre 1890  pour voir le terme d’« école de Barbizon » apparaître, dans l’ouvrage du critique d’art écossais David Croal Thomson intitulé : The Barbizon School of Painters. Depuis, ce terme est remis en cause par les historiens de l’art qui contestent l’idée qu’il y aurait eu une « école » à Barbizon. On aurait plus affaire à un ensemble de peintres aux styles très différents, qui, à des époques très diverses, ont trouvé une source d’inspiration dans la forêt de Fontainebleau. En ce temps-là, la grande industrie se développe, une fièvre de lucre s’empare des classes moyennes, le mot d’ordre est de s’enrichir et ces nouveaux riches ont des plaisirs de princes ! Les peintres, d’un seul coup, se voyaient délivrer de la domesticité de l’ancien régime ou de la protection hautaine des grands seigneurs, pour commercer en direct avec cette bourgeoisie et via les amis de leurs clients. Mais ces derniers avaient une culture artistique très rudimentaire et se trouvaient encore en nombre restreint pour satisfaire les artistes. Les artistes de l’époque (1840) méprisaient les bourgeois et réciproquement. A l’époque un artiste qui jouissait d’une petite notoriété pouvait gagner quelques subsides supplémentaires dans la vente du droit de reproduire ses œœuvres, notamment par le procédé de la lithographie (inventée en 1796 en Allemagne, mais installée en France vers 1818). Ingres, mais parce qu’il s’agissait d’une valeur établie, avait négocié un droit de reproduire de 24.000 francs son « Odalisque pourtalès » (la grande odalisque) qu’il avait vendu 12.000 francs l’œœuvre elle-même. Les salons permettaient de vendre, c’était la principale source de revenus des artistes, cependant, la vente concernait une petite moitié des œœuvres exposées, le reste retournait chez l’auteur ou était négocié à 10 ou 12 francs pour l’exportation vers la Russie, l’Allemagne, l’Amérique ou l’Angleterre. Traditionnellement, l’État était le principal débouché des artistes. C’est à peine si sur 2100 œœuvres, 250 toiles étaient commandées par le Ministère de l’Intérieur et 150 autres allaient à Versailles ! Les Salons à l’Époque se tenaient au Louvre exclusivement, dans des conditions d’exposition inégales selon les salles et le jury était tout puissant en matière de sélection des œœuvres. En ce temps-là, les artistes (modernisants) réclamaient la suppression des fameux jurés. De son côté, le public réclamait de plus en plus de salons et, les brochures autant que les critiques artistiques se multipliaient.

Les critiques et public de l’époque vis à vis de l’Art.

La critique était constituée de grands noms : Alfred de Musset, Auguste Barbier, Baudelaire, Mérimée et l’inestimable Théophile Gautier, mais également des politiques : Eugène Pelletan, Félix Pyat…Donc, à l’occasion de cette révolution populaire, où dans un élan de liberté le trône de Louis Philippe vacille, un besoin vague de communion  et de fraternité universelle prépare « l’humanitarisme » de 1848. Des énergies nouvelles apparaissent, la jeunesse ressent un besoin d’agir. La religion pure de la beauté n’est plus suffisante pour assouvir les âmes de 1848, il manque du réalisme et notamment social. La littérature participe largement à ce mouvement de fond. Le public demandait aux écrivains de l’instruire sur toutes choses et particulièrement sur la vie contemporaine (histoire, science, modernisme). Ici encore, la lithographie participa amplement à documenter n’importe quel article ou ouvrage. Mais plus encore, c’est avec la naissance de la photographie que l’on mesura l’ampleur de l’élan « réaliste » en tout art. Le nouvel art « objectif » rentrait en conflit évident contre l’esprit et les formes éthérées du romantisme. Plus haut, il était question de cette nouvelle clientèle de bourgeois aisés, cette nouvelle mode des portraits à la commande fut une excellente école du réalisme. Cette grande tendance amène l’artiste à se rapprocher de son public et à le peindre dans l’expression de sa vie quotidienne. Le nouveau mot d’ordre est qu' »il faut que la peinture serve ». On était désormais loin des sujets inspirés par le fanatisme religieux cher aux romantiques. Lamennais (prêtre philosophe) exhorte les artistes à abandonner l’individualisme qui restreint et fausse l’art. ils doivent « descendant au fond des entrailles de la société, recueillir en eux-mêmes la vie qui y palpite… ». De son côté Auguste Comte, dans la dernière leçon de son cours de philosophie positive, assignait à l’art, en 1842, « une éminente destination sociale ». Ainsi en 1848, les derniers barrages tombent, l’effondrement d’un jury caduc, la cohue ardente au salon de 1848 et le triomphe de Millet et Courbet : c’est l’affirmation du réalisme. L’art pour l’art répond aux époques de servitude, l’art social est le fruit de la liberté ! En 1849 Courbet, avec son autoportrait « l’homme à la pipe » obtient un formidable succès et Balzac faisait imprimer « le cousin Pons » alors que Georges Sand avait sorti en 1846 « la mare au diable ». Pour certains, Le réalisme peut aussi s’analyser comme une simple transition entre le romantisme et l’impressionnisme, ne serait-ce que du fait que peu d’artistes ont été à l’époque labellisés « réalistes » au sens strict.
On voit de nos jours, où cet humanisme effréné nous a conduit, vers une impasse « droit de lhommiste » qui nie toute identité et droit à nos peuples européens ! Et, c’est à coups de padamalgame après chaque tuerie massive perpétrée par des barbares bénéficiant de ce droit de lhommiste intégral, qu’on nous somme de renier notre culture et nos valeurs.

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LES PEINTRES REALISTES

Gustave Courbet est né le 10 juin 1819 à Ornans, près de Besançonen en Franche-Comté, région à laquelle il restera fidèle, Gustave Courbet Courbet a été l’élève de Charles-Antoine Flajoulot à l’école des Beaux-arts de Besançon et, personnage narcissique, se consacre d’abord en grande partie à une série d’autoportraits où se manifeste sa fierté d’artiste. Le 21 juin 1840 il est réformé du service militaire. Il s’installe au Quartier Latin et occupe son premier atelier rue de la Harpe. Il fréquente l’académie de Charles Suisse, à l’angle du boulevard du Palais et du quai des Orfèvres. En 1841, Courbet découvre la mer, mais il faut attendre son passage à Montpellier pour qu’il en fasse un sujet pictural. Il préfère les termes « paysage de mer » au trop académique « marine ». En 1842, il peint un premier autoportrait dit Autoportrait au chien noir (œœuvre exposée au Salon de 1844), le chien étant un épagneul qu’il a acquis la même année ; d’autres autoportraits suivent, où il se représente en homme blessé ou en homme à la pipe. En 1845, il propose plusieurs toiles pour le Salon, le jury choisit de faire exposer le Guitarrero. Il a une relation avec Virginie Binet dont il a un enfant qu’il ne reconnaît pas. Sous l’impulsion de Jules Champfleury, Courbet jette les bases de son propre style ; le réalisme, il veut s’inspirer des idéaux de la bohème. Jules Champfleury rédige pour le peintre la liste de ses œœuvres pour le Salon de 1849. En août 1849 il fait un voyage en Hollande où il découvre les peintures de Frans Hals et Rembrandt. Il peint Un enterrement à Ornans, tableau ambitieux dont le grand format est habituellement destiné aux tableaux d’histoire, qui représente un enterrement où figurent plusieurs notables d’Ornans et les membres de sa famille. Au salon de 1851 lors de son exposition le tableau fait scandale auprès de la critique par l’exaltation de la banalité et de la médiocrité de la vie érigées au rang d’Histoire, de même que ses Casseurs de pierres salué comme la première œœuvre socialiste par Proudhon.Influencé par les peintres hollandais du XVIIe siècle, Courbet leur emprunte le réalisme dans la représentation de scènes de la vie quotidienne des paysans de son village natal. Le public est choqué par la « laideur », voire l’indécence de certains modèles (Les Baigneuses, 1853). Abandonnant ensuite les sujets paysans, le peintre s’attaque à un projet ambitieux de peinture allégorique dans L’Atelier – Allégorie réelle  (1855), présenté dans le « Pavillon du Réalisme » qu’il fait construire avec panache en marge de l’Exposition universelle. Artiste conscient de son talent, Gustave Courbet s’impose comme chef de file de la nouvelle école réaliste, mais sait aussi dépeindre un certain onirisme, notamment dans ses paysages (La Vague, 1869), ou une brûlante sensualité (Les Amies, 1866). Engagé dans la Commune de Paris en 1870, Gustave Courbet est ensuite emprisonné et doit s’exiler en Suisse où il finit ses jours. D’un profil assyrien et hongrois, buvant fort, parlant dru, pérorant, vaniteux, hâbleur, d’une truculence affichée, dont les outrances entretiennent la chronique scandaleuse dont Baudelaire s’afflige, mais sa correspondance révèle des traits plus subtils et sa peinture ne reflète nullement une nature aussi fruste. Comme les anciens maîtres, Gustave Courbet enduisait sa toile d’un fond sombre, presque noir, à partir duquel il remontait vers la clarté. Deux tableaux feront beaucoup parler de lui : Un enterrement à Ornans (1850) et L’Origine du monde (1866). Courbet n’hérite de personne et n’aura pas de disciple.Ses idées républicaines et socialistes lui font refuser la Légion d’Honneur proposée par Napoléon III. Après la proclamation de la République le 4 septembre 1870, il est nommé président de la commission des musées et délégué aux Beaux-Arts. Il propose, au Gouvernement de la Défense nationale le déplacement de la Colonne Vendôme, qui évoque les guerres napoléoniennes, aux Invalides. Soutenant l’action de la Commune de Paris, il est élu au Conseil de la Commune par le VIe arrondissement. Aux élections complémentaires du 16 avril 1871, il siège à la commission de l’Enseignement et vote contre la création du Comité de Salut public, il signe le manifeste de la minorité. La Commune décide le 13 avril d’abattre et non de déboulonner la Colonne Vendôme. Courbet propose alors, puisqu’il a eu en premier l’idée d’enlever cette colonne, de payer les frais de sa réparation. Après la Semaine sanglante il est arrêté le 7 juin 1871, et le 3e conseil de guerre le condamne à six mois de prison et 500 francs d’amende. Mais en mai 1873, le nouveau président de la République, le maréchal de Mac-Mahon, décide de faire reconstruire la Colonne Vendôme aux frais de Courbet (soit plus de 323 000 francs selon le devis établi). Lui qui fut riche (une toile importante de lui se vendait quinze mille francs, soit dix ans du salaire d’un ouvrier), le voilà acculé à la ruine après la chute de la Commune, ses biens mis sous séquestre, ses toiles confisquées. Il s’exile en Suisse, à La Tour-de-Peilz, près de Vevey. Courbet obtient de payer près de 10.000 francs par an pendant 33 ans! Il meurt avant d’avoir eu à verser la première annuité. Après quelques semaines passées dans le Jura (Le Locle, La Chauds de Fonds, Neuchâtel), à Genève et dans le Valais, Courbet se rend compte que c’est sur la Riviera lémanique, grâce aux nombreux étrangers qui y séjournent, qu’il aura le plus de chance de nouer des contacts et de trouver d’éventuels débouchés pour sa peinture. Il séjourne brièvement à Veytaux (Château de Chillon), Clarens et Montreux, puis jette son dévolu sur la petite bourgade de La Tour-de-Peilz (au bord du lac Léman) et s’installe dans une maison au bord du lac du nom de Bon Port. Ce sera le port d’attache des dernières années de sa vie. De là, il circule beaucoup et les rapports que des espions (infiltrés jusque parmi la colonie des proscrits de la Commune de Paris) envoient à la Police française nous renseignent sur ses nombreux contacts et ses innombrables déplacements (Genève, Fribourg, la Gruyère, Interlaken, Lucerne, Martigny, Loèche-les-Bains, La Chaux de Fonds, etc…). Contrairement à ce qu’ont affirmé presque tous ses biographes, Courbet n’est ni malade, ni alcoolique, ni improductif durant les premières années de son exil. Il écrit à sa sœur en 1876: »Ma chère Juliette, je me porte parfaitement bien, jamais de ma vie je ne me suis porté ainsi, malgré que les journaux réactionnaires disent que je suis assisté de cinq médecins, que je suis hydropique, que je reviens à la religion, que je fais mon testament, etc… Tout cela sont les derniers vestiges du napoléonisme, c’est le Figaro et les journaux cléricaux. »Même si le peintre tente peut-être de rassurer sa famille dans ces lignes, en cachant sa mélancolie de ne pouvoir retourner en France, sa vie en Suisse est bien remplie: il peint, sculpte, expose et vend ses œuvres ; il se bat pour organiser sa défense face aux attaques du gouvernement de l' »Ordre moral » et obtenir justice auprès des députés français.Par solidarité avec ses compatriotes exilés de la Commune de Paris, Courbet refusa toujours de retourner en France avant une amnistie générale. Sa volonté fut respectée et son corps fut inhumé à La Tour-de-Peilz dans les premiers jours de 1878. Dans Le Réveil du 6 janvier, Jules Vallès rendra un vibrant hommage au peintre et à « l’homme de paix ».

Quelques œœuvres majeures de Gustave Courbet :

Autoportrait "le désespéré"

Autoportrait « le désespéré » 1843 – 1845

Bonjour monsieur Courbet

Bonjour, monsieur Courbet ! (1854, Montpellier, musée Fabre)

Allégorie réelle (1855, Paris, musée d'Orsay)

L’Atelier de l’artiste – « Allégorie réelle » (1855, Paris, musée d’Orsay)
L’immense Atelier est sans doute la composition la plus mystérieuse de Courbet. Celui-ci donne malgré tout quelques clefs de lecture : « C’est le monde qui vient se faire peindre chez moi » précise-t-il, « à droite, tous les actionnaires, c’est à dire les amis, les travailleurs, les amateurs du monde de l’art. A gauche, l’autre monde de la vie triviale, le peuple la misère, la pauvreté, la richesse, les exploités, les exploiteurs, les gens qui vivent de la mort ».

"origine du monde" 1866

L’origine du monde (1866)

Encore de nos jours, cette toile enflamme les parangons de la vertu. En février 2011, suite à des signalements d’autres internautes, un artiste danois Frode Steinicke voit son profil Facebook suspendu après avoir posté ce tableau de Courbet. Son profil a finalement été réactivé. En octobre 2011, le même mésaventure arrive à un Français qui a décidé d’attaquer Facebook.

Autres œœuvres de Gustave Courbet :
* L’homme à la ceinture de cuir (1845, Paris, musée d’Orsay)
* Une Après-dînée à Ornans (1848, Lille, musée des Beaux-Arts)
* Un Enterrement à Ornans (1849-1850, Paris, musée d’Orsay)
* Les Baigneuses (1853, Montpellier, musée Fabre)
* Les Cribleuses de blé (1854, Nantes, musée des Beaux-Arts)
* Les Amies ou « le sommeil » (1866, Paris, musée du Petit Palais)
* La Femme au perroquet (1866, New York, Metropolitan Museum)
* La Remise de chevreuils (1866, Paris, musée d’Orsay)
* La Vague (1869, Paris, musée d’Orsay)

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Jean-Baptiste Corot ou Camille Corot, né le 17 juillet 1796 à Paris et mort dans le 10e arrondissement de Paris, au 56 de la rue du Faubourg-Poissonnière, le 22 février 1875, est un peintre français. Corot est issu d’une famille de commerçants aisés : sa mère, Marie-Françoise Corot (1768-1851), née Oberson et d’origine suisse, et son père, Jacques Louis Corot (1771-1847) d’origine bourguignonne, gèrent un magasin de mode réputé situé à l’angle de la rue du Bac et du quai Voltaire à Paris. Les Corot ont deux autres enfants, Annette Octavie (1793-1874) et Victoire Anne (1797-1821). A 26 ans, il entre dans l’atelier du peintre Achille Etna Michallon, Michallon inculque à Corot les principes du néoclassicisme et l’encourage à travailler en plein air. Il séjournera, entre 1825 et 1828, à Rome, Naples et Venise. Durant ce séjour, il se lie à un autre paysagiste néoclassique précurseur de l’école de Barbizon, Théodore Caruelle d’Aligny. Il se rend une seconde fois en Italie en 1834 (Toscane, Venise) et à nouveau en 1843. il se rend fréquemment, entre 1830 et 1845, en Normandie chez ses amis les Sennegon, mais aussi en Auvergne, en Provence, en Limousin (notamment à Saint-Junien, sur les bords de la Glane, site qui porte désormais son nom), en Bourgogne, en Bretagne (chez son élève et ami Charles Le Roux, au Pasquiaud en Corsept), en Charente, dans le Morvan (en particulier à Lormes), ainsi qu’en Suisse. Le plus souvent il séjourne chez des amis, peintres ou drapiers. Corot affronte pour la première fois le Salon en 1835 avec un grand tableau intitulé « Agar dans le désert », illustration d’un épisode de la Genèse, qui est reçu favorablement. A cette époque il est styliquement parlant entre la peinture néoclassique et le réalisme. Toutefois, à partir de 1850, il sera attiré par une peinture dans laquelle il laisse libre cours à son imagination, délaissant l’exactitude du paysage peint « sur le motif », qu’il remodèle à son gré, et renonçant aux récits historiques, qui ne sont plus qu’un prétexte à des paysages rêvés et baignés de halos argentés ou dorés. Le thème du « souvenir » devient prépondérant dans son œuvre.Pendant les dernières années de sa vie Corot gagna de fortes sommes d’argent grâce à ses toiles, qui étaient très demandées. Sa générosité était proverbiale : en 1871, il donna 20 000 francs aux pauvres de Paris, qui subissaient le siège des Prussiens. En 1872, il acheta une maison à Auvers-sur-Oise qu’il offrit à Honoré Daumier, devenu aveugle et sans ressources. En 1875, il donna 10 000 francs à la veuve de Jean-François Millet pour l’aider avec ses enfants. Camille Corot s’éteignit, avec le calme d’un philosophe, le 22 février 1875. Son ami de toujours François-Louis Français lâcha quelques mots sur sa tombe: «Seuls les fils de la lumière méritent le nom d’artiste. Nul ne l’était plus que Corot. ». Corot est l’un des artistes le plus visés par les faussaires. On a attribué au peintre, pour des raisons de lucre, des toiles de contemporains qui dénotaient une appartenance à la même esthétique. On est même allé jusqu’à effacer la signature de petits maîtres au bas de tableaux qui étaient ensuite présentés comme des Corot non signés. Le marché de l’art a également été envahi de copies, exécutées à Arras par des amis de Corot ou par ses élèves, dont on contesta parfois la bonne foi d’autant que ces copies ont facilité nombre d’escroqueries.A cette époque l’art académique représentait, le second empire (le fameux coup d’état de napoléon III) et l’Art réaliste était apprécié par les républicains. Ces derniers n’aiment pas les grandes machines historiques ou mythologiques des peintres académiques qu’ils assimilaient à l’art aristocratique : c’était donc un contexte historique où chacun avait choisi son camp ! Corot s’était fait connaître très tardivement, il ne peignait que des paysages et quelques portraits, le tout, comme préservé de la révolution industriel d’alors. C’est normal qu’il fusse adulé par les « républicains » au point que ceux-ci en aient fait le précurseurs de l’art naissant « l’impressionnisme ». Pour ma part, je recherche toujours des aspects techniques et artistiques « impressionnistes » dans les toiles de Corot, je n’en ai trouvé toujours aucun ! L’inclinaison et la filiation de Corot au prémisse de l’impressionnisme seraient donc à mon avis davantage politique qu’artistique !C’est un excellent peintre, en ce sens que ce qu’il peint est très personnel. Mais ce n’est pas un peintre de la lumière et de la couleur comme le furent les impressionnistes. Sa palette est quasiment inchangée d’une toile à l’autre (si l’on se réfère à des dates identiques), l’évolution du style est lente et les motifs se répètent à l’infini comme un mauvais peintre de genre qui ne peindrait que ce qu’il a déjà peint pour éviter de se tromper.Bref, Corot est mon humble avis un peintre surcoté qui doit sa cote à l’apparition d’une nouvelle dichotomie artistique qui se répète souvent dans l’histoire (la querelle des anciens avec les modernes). En tout cas, il n’a pas l’importance que l’on veut souvent lui attribuer (Son style n’a pas été aussi décisif que cela, disons même qu’il a varié et évolué par trois phases majeures). Toutefois humainement, ce fut un grand homme qui se montra très généreux envers ses contemporains.

Corot la cathédrale de Chartres

La cathédrale de Chartres 1830

Corot la piazetta

Venise, la Piazzetta par Corot en 1835

Corot Maison et fabrique de monsieur Henry

Soissons, Maison et usine de Mr.Henry par Corot 1863

Corot Ville d'Avray

Ville d’Avray 1867 (on note ici l’évolution, loin de l’académisme, mais la couleur chère aux impressionnistes manque cruellement)

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Jean-François Millet est un artiste-peintre, pastelliste, graveur et dessinateur du XIXe siècle, l’un des fondateurs de l’école de Barbizon. Il est particulièrement célèbre pour ses scènes champêtres et de la paysannerie.Il fut influencé par Courbet. Né le 4 octobre 1814, à Gruchy hameau de la commune de Gréville, dans la région de la Hague, en Normandie, premier enfant d’une famille nombreuse de paysans aisés, berger dans son enfance et plus tard laboureur, il est élevé dans un environnement éclairé. Notamment grâce à son oncle, curé lettré qui lui apprend le latin. Il lit la Bible, mais aussi Montaigne, La Fontaine, Homère et Virgile, Shakespeare et Milton, Chateaubriand et Victor Hugo.A 20 ans, doué en dessin, il est envoyé à Cherbourg par son père, grâce à des relations dans la bourgeoisie locale, pour apprendre le métier de peintre auprès de Paul Dumouchel et de Langlois de Chèvreville de 1833 à 1837. En 1848, il expose au Salon Le Vanneur, qu’Alexandre Ledru-Rollin lui achète pour cinq-cent francs. C’est la première œœuvre d’une influence sur le travail paysan qu’il développe à partir de 1849 en s’installant à Barbizon avec Charles Jacques pour s’appliquer à peindre beaucoup de scènes rurales souvent poétiques. Là naissent Les Botteleurs (1850), Le Semeur est exposé au salon en 1851, Des Glaneuses (1857), L’Angélus (1859), la Tondeuse de moutons (1861) et la Bergère (1864), peintures qui le classent dans l’influence du courant réaliste, glorifiant l’esthétique de la paysannerie. Il épousera Catherine Lemaire en 1853, qu’il connaît depuis 1845 et, s’installèrent à Paris. Un rapide retour dans la Hague en 1854, suite au décès de sa mère, lui inspire Le Hameau Cousin, La Maison au puits, Le Puits de Gruchy, une première version du Bout du village…En 1863, Millet autorise la reproduction et la diffusion de « l’Homme à la houe » sous forme de cartes postales. Après plusieurs succès au Salon, il reçoit commande d’une série : « les Quatre saisons ». Une relative aisance lui permet de se porter acquéreur d’objets de collection, de sculptures médiévales, de dessins de Delacroix, de gravures de Rembrandt, d’estampes japonaises et de daguerréotypes. Peu à peu, il délaisse les seules scènes de travail paysan pour s’intéresser davantage aux ambiances, aux paysages. Alors que les Prussiens envahissent la France, Millet revient avec sa famille à Cherbourg, en 1870 durant un an et demi, avant de revenir à Barbizon. A cette époque, il travaille davantage les jeux de lumière, la pénombre et le clair-obscur, signant un travail annonciateur de l’impressionnisme, à travers les tableaux de L’Église de Gréville, Le Prieuré de Vauville ou du Bateau de pêche, et même proche du cubisme, avec Le Rocher du Castel. Poussée par les marchands, la cote de l’artiste monte. « L’Angelus » a été revendu 38 000 francs-or. Les artistes–peintre, sculpteurs et graveurs représentent trente pour cent de la population de Barbizon.En 1875, il se marie religieusement le 3 janvier et meurt le 20. Il est enterré le 23 aux côtés de Théodore Rousseau, dans le cimetière de Chailly-en-Bière. Il avait 61 ans.L’Angelus est, avec la Joconde, le tableau le plus célèbre du monde. Reproductions, chromos, art populaire, reprise par les caricaturistes et par les publicitaires, c’est une icône de valeur universelle. Millet a été comme piégé par le succès de cette œœuvre à quoi on tend à le résumer.

Voici une biographie plus complète de ce peintre :http://www.van-gogh.fr/jean-francois-millet.php

Millet "les glaneuses" 1857

Les glaneuses 1857

l'Angélus 1859

L’Angélus 1859

jean-francois-millet_la-fileuse-chevriere1869

La fileuse chevrière auvergnate 1869

Millet "le printemps" 1873

Le Printemps 1873.      Rien de bien « impressionniste », vous en conviendrez !

Millet la becquée

La becquée – 1850

Millet la méridienne

La méridienne – 1866

Bergère avec son troupeau

Bergère avec son troupeau, 1863 ou 1864, huile sur toile, 81 × 101 cm Musée d’Orsay  1864

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