Mouvements picturaux figuratifs

Le Luminisme et l’École de l’Hudson River

Le luminisme (Hudson-river)

INTRODUCTION

l’Hudson River School naît au XIXe siècle, plus précisément vers 1820, C’est l’un des seuls mouvements picturaux américains qui lui soit spécifique. Il doit son nom au fait que les principaux artistes de ce mouvement ont souvent trouvé leur source d’inspiration ou ont souvent représenté la Vallée de l’Hudson (États Unis) et ses environs (le fleuve du nord-est des USA et Catskills Mountains, Adirondack Mountains, White Mountains). En réalité, l’expression (École de l’Hudson River) n’a été forgée rétrospectivement qu’en 1879. Thomas Cole est le père de ce mouvement, il veut traduire le désir de reproduire exactement les beautés encore inexploitées de ce Nouveau Monde et de les hausser au niveau de la réflexion philosophico-historique. On pourrait comparer ce mouvement de paysagistes à celui de l’école de Barbizon. Par la suite, le mouvement évolue avec la seconde génération de cette école que l’on appela « les luministes ». Dès lors, de nombreux sujets seront dorénavant empruntés à des paysages de l’intérieur du pays, voire à des contrées étrangères. En effet, ces peintres de la seconde génération furent aussi de grands voyageurs, visitant aussi bien l’Europe que l’Amérique du Sud.

Les peintres de l’Hudson River School sont influencés par le romantisme et le naturalisme, deux mouvements originaires du vieux continent. Ce sont d’abord et avant tout des peintres de la nature « spiritualisée ». Une nature représentée sur des toiles de grandes dimensions, idéalisée et représentée encore vierge, ou parfois, coexistant pacifiquement avec les hommes et marquée par d’une transcendance mystique.. On peut y voir l’empreinte de Dieu le « créateur », ainsi le contenu sacré de leurs œœuvres est mise en scène dans une lumière « divine ». Les artistes de l’Hudson River School appliquent la philosophie du Sublime. Ils pensent que la Nature est la manifestation de la puissance et de la bonté divine. Les vastes paysages préservés des États-Unis sont comparés au Paradis originel !

Le mouvement luministe qui en a suivi (dès 1848) dérive vers une approche plus contemplative et plus modérée (nature moins déifiée). Ce mouvement mettait plutôt l’’accent sur l’’importance du rendu atmosphérique. Les effets de la lumière directe et de la lumière reflétée et, notamment la mise en valeur des reflets de la lumière sur l’eau. Par rapport à la première génération, les luministes abordent la peinture de paysage avec davantage de réalisme, ils peignent des tableaux extrêmement détaillés, recourant à une technique précise qui ne laisse pratiquement pas de trace du travail du pinceau à la manière de nos hyperréalistes actuels. Ces deux mouvements picturaux cesseront presqu’en même temps, vers 1880.


Ci-dessus, un beau diaporama sur ce mouvement pictural. A la fin de la vidéo, vous pourrez sélectionner d’autres sujets sur l’école de la Hudson River !

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Les peintres de la première génération (Hudson River School)

Thomas Cole (1801/1848). Il est né à Bolton en Angleterre et a émigré aux États-Unis à l’âge de 18 ans. Ce fut l’un des plus célèbres peintres paysagistes de son époque. Il est connu pour avoir créé la Hudson River School et pour avoir eu Frederick Edwin Church comme élève. En 1818, sa famille émigre aux États-Unis, dans l’Ohio, où Thomas Cole apprend les rudiments de son art avec un portraitiste nommé Stein. Devant le peu de succès rencontrés par ses portraits, il s’oriente vers la peinture allégorique et de paysages. Il rejoint la Pennsylvania Academy of the fine arts en 1824, puis se fixe à New York. Il est considéré comme le fondateur de cette nouvelle façon de peindre qui inspira deux générations d’artistes. Thomas Cole est aussi connu pour avoir réalisé des séries de toiles à vocation symboliques, comme, par exemple, cette série sur le destin d’un Empire : http://en.wikipedia.org/wiki/The_Course_of_Empire

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The Voyage of life Childhood, 1842

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Vue du Mont Holyoke

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Frederic Edwin Church (1826/1900) l’un des plus connu et des plus emblématiques qui s’inspira des travaux du naturaliste allemand Humbolt et donna souvent à ses toiles un aspect inquiétant ou prophétique, où la lumière joue un rôle essentiel. Il est né à Hartford (Connecticut) le 4 mai 1826 et mort le 7 avril 1900. L’aisance financière de son père lui permit de se consacrer précocement à l’art. À 18 ans, il devint l’élève de Thomas Cole à Palenville. Cinq ans plus tard, en 1849, il fut élu membre de la National Academy of Design. Peu après, il vendit sa première œœuvre importante au Wadsworth Atheneum de Hartford. Church s’installa New York où il eut un premier élève, William James Stillman. Du printemps jusqu’à l’automne, Church voyageait, souvent à pied, en dessinant. Chaque hiver, il s’installait dans son atelier pour peindre et il vendait ses tableaux. Church devint connu pour ses paysages colossaux, souvent d’endroits exotiques. Son tableau Le Cœoeur des Andes, qui est aujourd’hui propriété du Metropolitan Museum of Art de New York, mesure plus d’un mètre cinquante en hauteur et près de trois en longueur. Church dévoila ce tableau en 1859 à New York devant un public ébahi. Il l’installa dans un pièce spécialement éclairée, munie de rideaux et de frondes de palmiers, et fit payer l’entrée du public. Ce fut un succès immédiat. Il le vendit ensuite pour 10 000 $, ce qui fut à l’époque le prix le plus élevé jamais atteint par un tableau d’un peintre américain vivant. En 1860, Church acheta une ferme à Hudson et épousa Isabel Carnes. Ses deux premiers enfants moururent de diphtérie en mars 1863, mais ils eurent un autre enfant, Frederic junior, en 1865.

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Les chutes du Niagara

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Matin dans les Tropiques, 1877

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L’iceberg

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  Les peintres de la seconde génération (les luministes)
Ne pas confondre avec les luministes belges (autre mouvement artistique).

Albert Bierstadt  (7 janvier 1830 – 18 février 1902) est un peintre américain d’’origine allemande. Albert Bierstadt est né à Solingen en Allemagne. Sa famille émigra à New Bedford, en 1833. Il étudia la peinture avec des membres de l’’école de Düsseldorf, de 1853 à 1857. Il commença à peindre en Nouvelle-Angleterre  et dans l’’État de New York. En 1859, il voyagea vers l’’ouest en compagnie d’’un arpenteur du gouvernement américain. Il retourna dans l’’Ouest en 1863 avec l’’écrivain Fitz Hugh Ludlow, dont la femme devint son épouse plus tard. Il vécut dans les années 1870 à San Francisco. C’est le dernier représentant de l’Hudson River School. En 1858, il participa à l’expédition du colonel Frederick W. Lander dans les Montagnes Rocheuses. Il retourna dans cette région en 1863 et en 1871-1873. Ses paysages de l’Ouest américain sont détaillés, grandioses parfois écrasants. Il est classé par beaucoup dans le courant du luminisme. Ses nombreuses représentations de la Vallée du Yosemite montrent une nature généreuse. Son tableau Montagnes Rocheuses (Landers Peak, 1863) fut acheté par le magnat des chemins de fer James McHenry pour 25 000 dollars ; il révèle de nombreux détails ethnologiques et propose un paysage équilibré.

« Orage dans les rocheuses » Albert Bierstadt 1866, taille 211*361cm. Albert avait baptisé l’un de ces monts de « Mont Rosalie » en hommage à sa future femme en instance de divorce. L’orage s’accumule comme une représentation de ses événements futurs.

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Printemps en Californie, 1875

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La vague

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Landers Peak, 1863

luminisme Hudson River

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Martin Johnson Heade (1919/1904), est né à Lumberville, une communauté rurale de Dolestown (Pennesylvanie) où il y passe toute son enfance. Ses parents avaient une ferme et un magasin. Il manifeste un intérêt pour la peinture vers 1837 (les portraits), son père l’envoie en Angleterre pour se former. Il s’installe à New-York, puis Brooklyn, change l’orthographe de son nom Heed en Heade. Il fait différents voyages en Europe (Rome, Paris). Son style s’affine à partir des années 1859, il se consacre aux effets atmosphériques et à la peinture de paysages (thème qu’il pratiquait peu auparavant). Ses recherches sur la lumière sont comparables à ce que les impressionnistes faisaient sur le vieux continent, outre que le dessin et la perfection du graphisme restait primordial dans ses œœuvres ! Il voyage beaucoup, de 1863 à 1870, il va au Brésil, en Amérique du sud (Colombie, Nicaragua, Pérou, Panama, la Jamaïque) pour peindre notamment des orchidées et des oiseaux mouche ou des colibris. A son époque, ce n’est pas un artiste célèbre, il fut même oublié rapidement après sa mort. En 1883, Heade se marie et s’installe à Saint-Augustine, en Floride, il continuera à peindre dans son style réaliste impressionniste. Une exposition au Museum of Modern Art de New York en 1944, a suscité un nouvel intérêt pour son travail. Une petite toile a attiré l’attention du marchand d’art Robert G. McIntyre  «J’ai été frappé par la force de l’œœuvre». Aujourd’hui Heade est admiré pour son originalité et pour les effets atmosphériques subtils et un certain surréalisme étrange qui émane de ses toiles.

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Oiseaux tropicaux.

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The Great Florida Sunset.

Samuel Colman (1832/1920) Peintre, désigner d’intérieur et écrivain. Son père Samuel Colman dirigeait une maison d’édition et possédait une librairie à Broadway fréquentée par pas mal d’artistes. Il a été élu membre associé de la National Academy of Design à New York en 1854. La plupart des paysages de Colman des années 1850 révèlent la filiation aux principes de l’école de la Hudson River. Lui aussi est un passionné de voyages, il entame sa première tournée européenne en 1860 (la France, l’Italie, la Suisse et les lieux plus exotiques du sud de l’Espagne et le Maroc). Sa réputation a été forgée dans les années 1860 grâce à ses nombreux tableaux de sites espagnols, notamment la grande colline de l’Alhambra à Grenade.

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Storm King on the Hudson.

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Sunset Lake George, 1860.

Thomas Moran  est né en 1837 dans la ville de Bolton, Lancashire, en Angleterre. Thomas Moran était destiné à devenir l’un des plus grands artistes du paysage américain. Lui et sa famille partirent de Liverpool, en Angleterre en avril 1844 pour les Etats-Unis à Kensington. Moran père était un artisan tisserand de métier qui perdit son emploi à cause de l’industrialisation du textile. Thomas entre alors en tant qu’apprentie dans un atelier de gravure locale, mais celui ne lui plaît guère. En 1856, Tom et son frère Edward, qui était aussi un peintre en herbe, louent un atelier à Philadelphie afin d’étudier et d’appliquer leur passion commune, la peinture. Il commence à exposer dès 1860 où son talent est reconnaissable. Thomas avait à l’époque un intérêt grandissant pour les œœuvres de Turner (1775-1851), le peintre anglais précurseur de l’impressionnisme. Ses premières œœuvres reflèteront bien le style de Turner. A tel point qu’il sera même surnommé le Turner américain.

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Automne, 1893-97

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Forest scene, 1870