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Archive de la catégorie Le Photoréalisme ou l'Hyperréalisme

Le Photoréalisme ou l’hyperréalisme

Né aux environs de 1965, avec bizarrement, l’introduction de la Photo dans le domaine de l’ART, l’hyperréalisme est apparu sans manifeste préalable pour se dégonfler comme un soufflé dans les années 1975. La flamme de l’hyperréalisme resta alors entretenue à New York par deux marchands et collectionneurs, Ivan Karp et Louis K. Meisel. Ce dernier énonça en 1980, des critères d’admission à ce qu’il définissait également comme « un art totalement américain !»  qui doit :
1. Utiliser l’appareil photo et la photographie pour recueillir l’information
2. Employer un moyen mécanique ou semi-mécanique pour transférer l’information sur toile
3. Le peintre doit avoir la capacité technique de faire que l’œuvre achevée semble photographique
4. Avoir déjà exposé en 1972 des œuvres de ce type
5. Avoir consacré au moins cinq ans à cette expérience “hyperréaliste” !

Quoi qu’il en soit du dogme puéril cité plus haut, l’hyperréalisme se situe à l’opposé de cette mode pitoyable du minimalisme et de l’abstraction facile, dit aussi expressionnisme abstrait et art conceptuel, ou d’autres, Land Art, Arte povera ou Body Art.
l’Hyperréalisme ( terme français équivalent aux termes américains Photorealism et Superrealism), apparaît donc aux États-Unis (surtout en Californie et à New-York) et se fonde entre autres sur l’objectivité de l’image et le désir de représenter la réalité brute. Ce qui intéresse des artistes comme Artschwager, Close ou Morley, à la naissance de ce qu’on appellera le Photo-Realism, c’est l’affirmation d’un travail de peinture, accompli « comme par un tisseur persan, fil par fil”. « On ne peut pas tricher, affirme Hucleux, on est obligé d’y passer trois mois, à raison de quinze heures par jour, tout cela pour la simple virtuosité du geste en peinture”.
Mais, il faut signaler que déjà dans les années 1920, les “précisionnistes” (Schamberg, Demuth, Sheeler) s’attachent à traduire le nouveau contexte social, dominé par l’essor de l’industrie, en ayant progressivement recours à une photographie comme point de départ de leur travail pictural ! Et l’on pourrait encore reculer davantage, en 1865, avec les “luministes” (une évolution de l’École de l’Hudson River) qui peignaient avec une précision folle de grands paysages dans un réalisme (hyper-réaliste) de détails et dans une luminosité époustouflante. Qualité technique que l’on retrouvera également en partie dans certains peintres paysagistes de l’époque victorienne (contemporains des luministes), notamment “Benjamin Williams Leader”.

Poussé à l’extrême, le concept hyperréalisme se traduit par une précision et une froideur clinique dans le moindre détail, une absence de tout contenu émotionnel, un regard dépassionné et disséqueur, des couleurs parfois lisses et crues, une matière presque absente, un certain fétichisme de l’objet, telles sont les caractéristiques de l’Hyperréalisme, dont tous le jeu repose sur une copie neutre et fidèle de la vision photographique. Dans cette optique, certains iront jusqu’à projeter une diapositive sur leur toile pour peindre directement au pinceau le sujet à l’instar de Parrish, par exemple. Toutefois, de nombreuses écoles parallèles viennent se greffer à ce mouvement, comme par exemple cette nouvelle peinture influencée par les maîtres anciens qui reprend souvent des éléments traditionnels, à la manière des grands fresquistes, en y introduisant délibérément une dissonance qui souligne l’intention de l’artiste de doter de nouvelles significations des formes et des concepts familiers. Ce contraste se sent particulièrement dans la Descente de croix de Steve Hawley qui s’inspira d’une œuvre flamande du 15ème siècle “la Descente de Croix de Rogier Van der Weyden.

Ce qui caractérise, plus simplement l’ensemble de cette mouvance “hyperréaliste”, c’est le retour de la technique !

L’hyperréalisme renonce à s’affranchir des contraintes et des limites de la technique.
Bien au contraire il retourne vers la peinture de chevalet. Il rétablit les techniques originelles de la peinture conventionnelle et respecte l’enseignement des anciens. Ce retour passionné à l’acte pictural réaliste s’est fait jour pendant une période d’abstinence picturale durant laquelle les critères techniques et les critères d’appréciation se sont perdus. Période durant laquelle le marché de l’Art s’est empêtré dans les concepts verbieux plutôt que sur les œuvres elles-mêmes (l’œuvre étant devenue secondaire face au discours périphérique emphatique). Ce discours préalable à l’œuvre “marchande” ira jusqu’à recréer de  l’Art par les délires de commentateurs intéressés et par les analystes agréés, juges et parties, mais surtout bassement mercantiles.

L’hyperréalisme, compte-rendu paisible et littéral des réalités visuelles, occupe de ce fait encore une position embarrassante face au rouleau compresseur de l’art moderne véritablement pompier. Il existe cependant deux notions complémentaires, qui semblent primer au-delà du dogme de la modernité désuète du mouvement et, qui plaident en faveur de l’art hyperréaliste :
- d’une part le réalisme est incontestablement lié à un sujet concret et réel
- et d’autre part, comme le souligne Don Eddy, l’apparence du monde est vraiment plus excitante que l’apparence d’un art (factuel et contrefait, voire même simplement transgressif).

L’hyperréalisme est l’un des rares récents courants novateurs à bénéficier d’un très large succès public, du moins constaté aux États-Unis.
Cependant, en dépit d’un succès populaire certain, l’hyperréalisme s’est heurté à une relative indifférence des critiques et des institutions.
Quand les conceptualistes ont abandonné les outils et les supports traditionnels au profit des performances et des installations, d’autres artistes, en réaction, sont retournés dans les ateliers.
Pour la communauté critique, ceci a constitué un contre-choc révolutionnaire avec des implications beaucoup plus choquantes que celles provoquées par la plus iconoclaste des stratégies développées par les Conceptualistes. On pourrait même avancer que ceux-ci se seraient vu dessaisis de leur bulle savante, à savoir être les seuls à pouvoir décrypter l’art ! D’où un certain malaise entre le mouvement hyperréaliste et la critique. On les comprend aisément, cet art est bien trop abordable pour le public, il n’y a plus besoin de critiques savants pour comprendre une œuvre hyperréaliste et pour l’expliquer ! D’ailleurs ces fameux critiques ont tellement miné le terrain que certains publics reproduisent inconsciemment leurs discours. Encore de nos jours, les effets néfastes de ces critiques initiés sont visibles. Peindre comme une photographie serait juste une prouesse technique et en aucune manière de l’art !

L’hyperréalisme est une forme d’art exigeante et les peintres passent le plus clair de leur temps à peindre dans leurs ateliers ce qui laisse peu de disponibilité pour alimenter en informations la réflexion des médias et des spécialistes de l’Art.
De plus, les peintres hyperréalistes ont laissé au placard un certain nombre d’attributs propres aux acteurs du grand Art pompier officiel, tels que le culte de la personnalité, le mythe du génie individuel, la démarche élitiste, ésotérique ou transcendantale !

Pour clore, l’utilité d’un tel retour aux sources, on pourrait aussi faire un parallèle utile avec les primitifs flamands qui faisaient bien avant l’heure de l’hyperréalisme à leur façon, selon les canons esthétiques de l’époque. Rappelons que ceux-ci sortaient à peine du moyen-âge ! Mais la maîtrise technique de leur art était totalement similaire à nos contemporains hyperréalistes d’aujourd’hui (préparation des pigments exclue, puisque aujourd’hui la peinture est déjà prête sous tube et en teintes presque infinies). Nos anciens avaient donc, bien conscience qu’ils faisaient de la peinture : un Art, et non pas, un business hermétique vaguement pictural destiné à quelques initiés d’un marché clos. Imaginez un seul instant, quelle genre de peintures nous aurions reçu des siècles passés, si celles-ci n’avaient été simplement fabriquées que pour quelques riches spéculateurs désœuvrés, dictant leur goût, la mode des thèmes et l’intérêt d’une œuvre au détriment total du travail et de la recherche des artistes ! L’art aurait sans doute disparu depuis longtemps faute de réelles aspirations artistiques, étouffé par une production indépendante de toute créativité issue des artistes !

Les époux Arnolfini - Van-Eyck

 Les Époux Arnolfini par Van Eyck en 1434 !!!

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Personnellement, pour illustrer cette mouvance relativement récente, j’ai choisi Iman Maléki qui est un peintre par excellence du figuratif réaliste, disons de l’hyperréalisme selon la formule consacrée. Cela ne l’empêche pas d’insérer des messages importants dans ses toiles comme cette Joconde entièrement voilée d’où seules les deux mains (très reconnaissables de celles de Vinci) sont visibles par dessus le drapé !
C’est le contre-exemple type de ce que les critiques dénigrent dans l’hyperréalisme et malhonnêtement sous couvert d’expertises et de déni d’initiés. Ses tableaux ne sont ni froids ni chirurgicaux, ils montrent au contraire une grande sensibilité et sont un condensé très probant et précis d’une réalité vécue, telle une photo de Cartier-Bresson qui savait capturer « l’instant décisif d’un moment de vie » avec un œil d’humaniste.

La grande force de cet art réaliste, c’est qu’il est narratif et compréhensible instantanément par le public, contrairement à l’art moderne actuel qui est totalement stérile à décrire la condition humaine, parce qu’il ne permet pas la narration. C’est juste un art décoratif esthétisant, qui passe par un langage spécialisé et alambiqué pour justifier le qualificatif artistique à des objets “prétendus culturels” réalisés sur tous support !

liens pour visite ses toiles (ça vaut le coup, mieux qu’une visite au musée) :
http://www.imanmaleki.com/en/Galery/
http://www.ricci-art.net/fr/Iman-Maleki.htm

Iman Maléki est né en 1976 à Téhéran. Il a été fasciné par l’art de la peinture depuis qu’il était enfant. À l’âge de 15 ans, il a commencé à apprendre la peinture sous la maîtrise de son premier professeur et le seul - Morteza Katouzian - qui est le plus grand peintre réaliste de l’Iran, dont on retrouvera de nombreuses références dans les toiles d’Iman.
http://www.mortezakatouzian.com/
En attendant, il a commencé à peindre de manière professionnelle. En 1999 il sort diplômé en design graphique de l’art de l’Université de Téhéran. Depuis 1998, il a participé à plusieurs expositions. En l’an 2000, il s’est marié et l’année suivante, il créa ARA Atelier de Peinture et a commencé à enseigner la peinture, compte tenu de classique et de valeurs traditionnelles.

Expositions les plus importante

 

- L’exposition des Peintres de la Réalité de l’Iran à Téhéran,
- Musée d’Art contemporain (1999)
- l’exposition du Groupe des Peintres Studio Kara, à Sabz Gallery (1998)
- à Sa’ad Abad Palace (2003 ).
- En 2005, Iman a reçu le prix William Bouguereau et prix du Choix du Président lors du deuxième concours ARC salon international.

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D’autres peintres hyperréalistes pourraient être cités (ils sont très nombreux), en voici quelques uns (californiens, espagnols, suédois, français, allemands, danois, chinois… etc). Certains ont une démarche purement technique, d’autres traitent un sujet et le fonde dans une atmosphère chargée de sensibilité. Les seconds sont certainement plus intéressants, mais tous sont compréhensibles auprès du public qui doit redevenir le juge suprême qu’il fut naguère, car l’art est fait pour être vu par le plus grand nombre et non pas stationner momentanément d’un coffre-fort à l’autre.

Ying Zhao Liu, peintre chinois


http://www.taowatergallery.com/artist_lyz.htm

 


Gilles Paul ESNAULT France

 


Jacques Bodin peintre Français

 


Denis Patterson peintre de New-York

 


Linnea Strid peintre suédoise

 


Thomas Arvid peintre américain

 
JEREMY GEDDES Lady Sham Inspects the Damage 2008


Antonio Cazorla peintre espagnol

 


Javier Arizabalo peintre espagnol né à Saint Jean-de-Luz (France). Diplôme de l’École des Beaux-Arts de Bilbao Vit et travaille à Irun.

 


Toni Ryder

 


Richard Estes

 


Gérard Schlosser

 


Chuck Close

 


Don Eddy

 
Ralph Goings…
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Victor Rodriguez

 


Kate Waters

 


Rene Wirhs

 


Clive Head

 

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